Développer un plan de renforcement des capacités

  • Le développement des capacités est au coeur de la PNIN

    Cette note d’orientation porte spécifiquement sur le développement des capacités des individus et des organisations impliqués dans les activités de la PNIN dans les pays. Elle prend en compte la gamme des capacités requises pour les trois étapes du cycle opérationnel de la PNIN : formulation de questions, analyse de données, communication des résultats. Elle souligne que les compétences fonctionnelles sont aussi importantes que les connaissances techniques et suggère une gamme de mécanismes grâce auxquels les capacités peuvent être développées au-delà des sessions de formation technique. Chaque équipe PNIN adaptera ses efforts de développement des capacités à son propre contexte national.
    Les équipes PNIN vont typiquement aborder les questions suivantes :

    • Quelles sont les capacités requises pour que la PNIN fonctionne correctement dans un pays ? (Étape 1)
    • Comment les capacités existantes pour mettre en œuvre la PNIN sont-elles évaluées et les lacunes identifiées ? (Étape 2)
    • Que comprennent une stratégie et un plan d’action pour le développement des capacités de la PNIN ? (Étape 3)
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    Qu’entend-on par développement des capacités ?
    Le développement des capacités désigne « le processus par lequel les individus, les organisations et les sociétés augmentent leur capacité à s’acquitter de leurs tâches, à résoudre les problèmes, à définir des objectifs, à comprendre et traiter les besoins de développement afin d’atteindre les objectifs de manière durable ».
    Source : LaFond AK, Brown L & Macintyre K (2002) Mapping capacity in the health sector : a conceptual framework. International Journal of Health Planning and Management 17, 3–22.
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    Le développement des capacités, également appelé renforcement des capacités, fait partie intégrante de l’approche PNIN. Lorsque les capacités sont faibles ou absentes, une PNIN ne peut pas fonctionner, respecter ses engagements ou être maintenue. Comme l’approche PNIN, et en particulier l’étape de « formulation de questions de politique », est nouvelle et nécessite des méthodes de travail différentes pour les décideurs et les analystes de données, le développement des capacités est essentiel pour mettre en œuvre le cycle opérationnel de la PNIN.

    Il n’existe pas de moyen unique de renforcer les capacités. Il s’agit plutôt d’un processus d’apprentissage et de changement continu qui requiert une variété d’outils et de méthodes, une approche flexible et un investissement à long terme. Les efforts de développement des capacités se traduisent souvent par des formations techniques ponctuelles, mais celles-ci ne conduiront pas à des améliorations durables si elles ne font pas partie d’une approche à long terme plus large.

    Une première étape pour une équipe-pays PNIN consiste à identifier les capacités requises pour une mise en œuvre efficace de la PNIN à chacun des trois niveaux (individuel, organisationnel et systémique) et pour chaque élément du cycle opérationnel de la PNIN (formulation de questions, analyse de données et communication des résultats). Il s’agit en grande partie d’un exercice théorique qui peut être effectué pendant la phase de démarrage d’une PNIN dans le pays.

  • La cadre de développement des capacités de la PNIN

    Quelles sont les capacités requises pour que la PNIN fonctionne correctement dans un pays ?

    Le cadre des capacités de la PNIN aide à comprendre l’étendue des capacités requises pour la mise en œuvre optimale d’une PNIN. Celles-ci vont au-delà des capacités d’un individu en termes de connaissances, de compétences et d’expérience et englobent les capacités organisationnelles et systémiques. Les trois niveaux de capacités sont interdépendants. Les capacités physiques, les outils (niveau individuel) et l’infrastructure (niveau organisationnel), mentionnés dans le modèle ci-dessous (Potter, 2004) englobent des équipements tels que des ordinateurs ou des infrastructures telles que des centres de formation. Ces capacités ont été incluses dans la phase de formulation du projet et ne seront pas abordées dans la présente note d’orientation, axée sur le développement des capacités en ressources humaines.

    Une PNIN s’attachera plus particulièrement au renforcement des capacités internes directement utiles à la mise en œuvre de la PNIN (aux niveaux individuel et organisationnel). Cependant, il est également important de considérer le système externe, car des faiblesses dans le système multisectoriel de la nutrition peuvent devenir des obstacles à la mise en œuvre du cycle opérationnel de la PNIN.

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    Cadre de développement des capacités de la PNIN
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    Source : Potter, C and Brough, R. Systemic Capacity Building : A Hierarchy of Needs. Health Policy and Planning 2004 ;19:336-345.

  • ÉTAPE 1 : Identifier les capacités requises pour la PNIN (1/5)

    Exemples de capacités aux différents niveaux

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  • ÉTAPE 1 : Identifier les capacités requises pour la PNIN (2/5)

    La matrice des capacités de la PNIN

    Une matrice des capacités de la PNIN, dérivée du cadre des capacités de la PNIN, est utilisée pour organiser les capacités requises de manière logique. Elle représente l’idéal et une base pour identifier les capacités manquantes. L’objectif est de générer une liste des capacités requises pour chaque case vide.

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    La matrice des capacités de la PNIN
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    Lorsque le processus de remplissage des tableaux pour chacun des niveaux de la matrice des capacités en matière de nutrition est terminé, une liste complète de tous les besoins en capacités pour le bon fonctionnement d’une PNIN a été établie.

    Les compétences fonctionnelles ou « relationnelles » sont aussi importantes que les compétences et les connaissances techniques, elles doivent donc être listées séparément (voir encadré ci-dessous).

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    Définition des compétences techniques et fonctionnelles
    Les compétences techniques font référence aux connaissances et aux capacités nécessaires pour effectuer des tâches spécialisées. Pour la PNIN, cela signifie des compétences telles que l’analyse de données, la connaissance du système multisectoriel de la nutrition ou la capacité à rédiger une note de politique.

    Les compétences fonctionnelles ou « relationnelles » font référence aux compétences managériales, humaines et sociales qui aident les personnes, les organisations et les systèmes à travailler efficacement. Pour la PNIN, cela englobe la capacité à communiquer, à influencer, à se réunir et travailler entre secteurs.

    Un certain nombre de compétences fonctionnelles sont essentielles pour quiconque travaille dans une équipe multisectorielle et selon une approche complexe. Celles-ci n’ont pas été incluses dans les tableaux ci-dessous, mais il est recommandé de garder ces capacités à l’esprit lors du recrutement et du développement du personnel : capacité à travailler de manière constructive au sein d’une équipe, capacité à identifier des solutions pour surmonter les défis, capacité de réseautage et de travail entre secteurs, capacité à établir la confiance, etc.

  • ÉTAPE 2 : Analyser les lacunes en matière de capacités de la PNIN (1/3)

    Comment les capacités existantes pour mettre en œuvre la PNIN sont-elles évaluées et les lacunes identifiées ?
    Les objectifs de l’analyse des lacunes en matière de capacités sont :

    • d’évaluer les capacités existantes, principalement axées sur les capacités individuelles et organisationnelles, car ce sont les niveaux auxquels la PNIN fonctionne en grande partie ;
    • d’identifier les lacunes critiques ;
    • de prioriser les actions à entreprendre.

    Il n’y a pas une unique « bonne » façon d’effectuer une analyse des lacunes en matière de capacités dans le cadre de la PNIN. Le format précis d’une analyse des lacunes en matière de capacités pour les besoins de la PNIN dépendra du contexte national, du temps et des ressources disponibles. Généralement, il s’agit de collecter et d’analyser des données qualitatives.

    Quelques principes généraux pouvant être suivis :

    1. Suivre une approche par étapes
    2. Demander l’aide d’un expert
    3. Adopter une variété de méthodes
    4. Utiliser la matrice des capacités de la PNIN pour développer des questions
    5. Centrer l’analyse sur l’identification des lacunes
    6. Prioriser les domaines de développement des capacités
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    1. Suivre une approche par étapes

    Le Mouvement SUN a fourni des orientations détaillées sur la manière de mener une évaluation des capacités en matière de nutrition et suggère une approche par étapes (voir encadré). Utiliser le cadre de développement des capacités présenté dans ce guide.

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    Guide d’évaluation de la nutrition du Mouvement SUN - 2016
    Deux documents d’orientation du Mouvement SUN ont été produits afin d’aider les pays à réaliser des évaluations des capacités en matière de nutrition. Ces évaluations se concentrent sur le niveau systémique et constituent des évaluations exhaustives des capacités à planifier, coordonner, financer, mettre en œuvre et suivre des programmes de nutrition. Bien que ce mandat soit beaucoup plus large que ce qui est nécessaire pour les besoins d’une PNIN, le guide fournit quelques conseils utiles et présente les trois phases de la réalisation d’une évaluation.
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    Source : SUN UN Netwwork. September 2016. Nutrition capacity assessment package - Partie I - Note d’orientation & Partie II - Outils et ressources.

  • ÉTAPE 2 : Analyser les lacunes en matière de capacités de la PNIN (2/3)

    2. S’appuyer sur l’aide d’un expert

    L’analyse des lacunes en matière de capacités requiert un ensemble spécifique de compétences, de l’expertise et du temps. Il est conseillé de faire appel à une assistance technique spécialisée externe avant de s’engager dans le processus. En Éthiopie, par exemple, une assistance technique a été fournie par le responsable du renforcement des capacités de l’IFPRI afin de guider le processus d’évaluation et d’analyse des lacunes de la PNIN en matière de capacités (voir l’étude de cas de l’Éthiopie dans cette section/n°15). Le partenariat REACH (Efforts renouvelés contre la faim et la dénutrition chez les enfants) regroupe des facilitateurs qui s’attachent à renforcer les capacités des parties prenantes et institutions nationales et peuvent constituer une source d’expertise dans les pays dans lesquels ils travaillent. D’autres partenaires de développement peuvent également être en mesure de fournir une assistance technique spécialisée.

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    3. Avoir recours à différentes méthodes

    Une bonne pratique consiste à adopter différentes méthodes pour rassembler et trianguler des données qualitatives et valider des données quantitatives, par exemple des questionnaires, des ateliers, des enquêtes en ligne et des groupes de discussion (voir les études de cas de l’Éthiopie et du Guatemala dans cette section/n°15).

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    Exemple : Évaluation des capacités en matière de nutrition au Tchad, 2018
    Prenant la forme d’une étude qualitative et soutenue par REACH, l’information a été collectée selon trois méthodes :
    • étude documentaire ;
    • entretiens avec des informateurs clés ;
    • groupes de discussion avec les représentants du gouvernement et les réseaux SUN respectifs.

    L’étude s’est concentrée sur les capacités fonctionnelles du Comité technique permanent de l’alimentation et de la nutrition et des nouveaux comités de l’alimentation et de la nutrition dans cinq régions – Guéra, Logone Occidental, Ouaddaï, Tandjilé et Wadi Fari -, examinant leurs capacités respectives à planifier, gérer et coordonner des actions de nutrition. L’évaluation a identifié une série de besoins en développement des capacités, et documenté les forces et les réalisations.

  • ÉTAPE 2 : Analyser les lacunes en matière de capacités de la PNIN (3/3)

    4. Utiliser la matrice des capacités de la PNIN pour évaluer les lacunes

    La matrice des capacités de la PNIN complétée contient une liste de contrôle des capacités pouvant être transformées en questions à poser lors d’une analyse des lacunes. Le tableau ci-dessous contient des exemples de questions relatives à l’étape 1 du cycle opérationnel de la PNIN : formulation de questions de politique. Des questions similaires et supplémentaires doivent également être formulées pour les autres étapes.

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    Évaluer les lacunes à l’aide de la matrice

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    5. Centrer l’analyse sur l’identification des lacunes

    Il peut être difficile d’analyser systématiquement de grandes quantités de données qualitatives. Il est cependant important d’adopter un système qui permette d’identifier les lacunes. Des exemples de techniques utilisées sont :

    • la « classification » du niveau de capacités dans un domaine particulier de 0 = aucune capacité à 5 = capacités entières. Cela peut être fait soit par les participants à un atelier, par les répondants à un questionnaire soit par l’équipe-pays PNIN sur la base des informations collectées. Bien que cette forme de classification soit basée sur des jugements subjectifs, elle peut aider à identifier où les capacités sont fortes et où elles sont faibles ;
    • l’analyse thématique par laquelle les « thèmes » émergents sont identifiés et le nombre de fois qu’un « thème » est mentionné est compté. La PNIN du Guatemala a utilisé cette technique pour analyser les réponses à son questionnaire sur les lacunes en matière de capacités et pour déterminer où la demande de renforcement des capacités était la plus forte (voir l’étude de cas du Guatemala dans cette section/n°15).
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    6. Prioriser les domaines de développement des capacités

    La dernière étape de l’analyse des lacunes en matière de capacités consiste à prioriser les domaines de développement des capacités de la PNIN. Il est essentiel d’impliquer les parties prenantes nationales pour s’assurer qu’elles adhèrent pleinement à la liste finale des domaines prioritaires et des types d’actions envisagées. Pour ce faire, il est préférable d’organiser une série de consultations ou un atelier consultatif.

  • ÉTAPE 3 : Stratégie et plan d’action pour le développement des capacités de la PNIN (1/4)

    Que comprennent une stratégie et un plan d’action pour le développement des capacités de la PNIN dans un pays ?
    Encore une fois, il n’existe pas une « bonne » façon de définir une stratégie et un plan d’action pour le développement des capacités de la PNIN. Cela dépendra des conclusions de l’analyse des capacités en matière de nutrition et du contexte national spécifique.
    Quelques principes généraux peuvent être suivis :

    1. Décider des priorités pour la mise en œuvre du cycle opérationnel de la PNIN
    2. Faire une programmation avec des objectifs à court et à long termes et les activités correspondantes
    3. Inclure les compétences techniques et fonctionnelles
    4. Envisager une combinaison d’outils / d’activités de développement des capacités
    5. Capitaliser sur les opportunités existantes
    6. Définir un cadre de suivi et d’évaluation
    7. Actions de développement des capacités de coût
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    1. Décider des priorités pour la mise en œuvre du cycle opérationnel de la PNIN

    Il est important de se concentrer sur les priorités identifiées par les parties prenantes plutôt que de produire une longue « liste de souhaits » qui seront difficiles à réaliser. De plus, l’accent doit être mis sur les organisations et les individus les plus déterminants pour la mise en œuvre d’une PNIN. Même si un système national de la nutrition qui fonctionne mal peut présenter des défis considérables pour la mise en œuvre de la PNIN, d’autres (gouvernement et partenaires de développement) travaillant dans le cadre d’initiatives telles que le Mouvement SUN peuvent prendre l’initiative du développement des capacités systémiques, avec le soutien de l’équipe-pays PNIN.

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    2. Faire une programmation avec des objectifs à court et à long termes et les activités correspondantes

    L’expérience des pays PNIN a montré qu’il peut exister des besoins de renforcement des capacités à court terme auxquels il est possible de répondre immédiatement. En Éthiopie, par exemple, l’équipe-pays PNIN a répondu aux besoins immédiats en organisant trois courtes sessions de formation sur le logiciel informatique STATA, sur l’analyse des données d’enquêtes sur les ménages et sur la manière de réaliser une revue de la littérature (voir l’étude de cas de l’Éthiopie dans cette section/n°15).

    Il est essentiel pour plusieurs raisons que les actions de renforcement des capacités à court terme soient liées à une stratégie à plus long terme. Le taux élevé de renouvellement du personnel signifie que le personnel possédant les compétences et l’expérience est continuellement remplacé par du personnel n’ayant peut-être pas les mêmes compétences ni expérience. Sans soutien ni mentorat continus, les bénéfices des efforts à court terme tels qu’une formation ponctuelle risquent d’être perdus. Des stratégies à plus long terme peuvent inclure l’intégration de compétences techniques et fonctionnelles liées à la PNIN dans la formation initiale et continue des nutritionnistes et des cadres travaillant dans des secteurs liés à la nutrition, tels que la sécurité alimentaire, l’EAH, la santé et la sécurité sociale.

  • ÉTAPE 3 : Stratégie et plan d’action pour le développement des capacités de la PNIN (2/4)

    3. Inclure les compétences techniques et fonctionnelles

    Les individus impliqués dans la mise en œuvre de la PNIN ont besoin à la fois de connaissances techniques et de compétences fonctionnelles. Ces dernières sont souvent négligées au profit des premières mais sont tout aussi importantes. Ces dernières années, une plus grande attention a été portée au développement des compétences fonctionnelles et des cours ont été mis en place pour renforcer ces compétences. Les programmes de leadership européen et africain en nutrition (voir encadré ci-dessous) en sont un exemple. Un suivi après le cours assurera l’entretien des bénéfices. Les assistants techniques qui fournissent un appui à la PNIN dans le pays peuvent jouer un important rôle de mentors en soutenant le développement de compétences telles que le leadership, la négociation, la gestion des conflits, le développement de l’esprit d’équipe entre plusieurs secteurs et groupes, la communication, le plaidoyer et la résolution de problèmes.

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    Exemple : Programme africain de leadership en nutrition
    Son objectif est de créer des équipes et des organisations orientées sur les objectifs qui dirigent efficacement des interventions de changement en matière de nutrition axées sur les résultats.
    Développer et intégrer des compétences managériales – de leadership aux compétences techniques existantes est un facteur de succès essentiel pour la mise en œuvre efficace d’interventions en matière de nutrition. L’idée n’est pas nouvelle, mais son application aux équipes multisectorielles travaillant dans le domaine de la nutrition l’est.
    Le programme crée une prise de conscience de l’orientation du leadership, des forces et des faiblesses, des valeurs et des objectifs personnels et aide à développer, entre autres, les compétences en communication, en gestion des conflits, en prise de décision et en résolution de problèmes.
    Source : https://www.africanutritionleadership.org/
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    4. Envisager une combinaison d’approches de développement des capacités

    Le choix de l’une ou de l’autre approche de développement des capacités dépendra de l’objectif, de l’audience cible et de sa taille, et du budget disponible. Une gamme de différentes approches pour développer les capacités existe et est listée dans le tableau ci-dessous. Il est recommandé aux pays d’identifier une combinaison équilibrée de différentes approches en fonction de leur rapport coût-efficacité.

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    Gamme d’approches de développement des capacités dans la cadre de la PNIN
    IndividuelOrganisationnelSystémique
    Formation (court terme, long terme)
    Ateliers
    Séminaires
    Événements d’apprentissage entre pairs (régionaux, internationaux)
    Outils, notes techniques, guides
    Jumelage ou programmes d’échange
    TIC (apprentissage en ligne, portails, pédagogie ouverte)
    Mentorat
    Assistance technique
    Formation en management organisationnel
    Documentation et partage de bonnes pratiques
    Échanges interdépartementaux
    Voyages d’études (dans un pays PNIN ou autre)
    Apprentissage sud-sud
    Campagne de sensibilisation
    Formation aux médias
    Événements d’apprentissage ou ateliers à l’intention des décideurs
    Événements nationaux ou internationaux
    Adhésion à des organisations internationales, régionales (Mouvement SUN)
  • ÉTAPE 1 : Identifier les capacités requises pour la PNIN (3/5)

    Compléter la matrice des capacités de la PNIN : niveau individuel

    En commençant par le niveau individuel, prendre une case à la fois et dresser une liste des capacités pour chacune des 3 étapes du cadre opérationnel de la PNIN en répondant aux questions suivantes :

    • De quelles compétences techniques spécifiques les individus ont-ils besoin ?
    • De quelles compétences fonctionnelles spécifiques les individus ont-ils besoin ?
    • De quel niveau de pouvoir décisionnel et de responsabilité un individu a-t-il besoin pour s’acquitter efficacement de ses tâches ?
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    Exemples de compétences requises au niveau individuel
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  • ÉTAPE 1 : Identifier les capacités requises pour la PNIN (4/5)

    Compléter la matrice des capacités de la PNIN : niveau organisationnel

    Répéter le même processus pour le niveau organisationnel en répondant aux questions suivantes :

    • De quoi les institutions hôtes de la PNIN ont-elles besoin pour fonctionner efficacement ?
    • De quel soutien organisationnel le personnel a-t-il besoin pour travailler efficacement ?

    Les capacités organisationnelles sont les mêmes pour les trois éléments du cycle opérationnel de la PNIN.
    Le tableau ci-dessous fournit des exemples des besoins en capacités organisationnelles de la PNIN, mais doit être complété pour chaque contexte national.

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    Exemples de capacités requises au niveau organisationnel
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  • ÉTAPE 1 : Identifier les capacités requises pour la PNIN (5/5)

    Compléter la matrice des capacités de la PNIN : niveau systémique

    Le niveau systémique fait référence au système national ou à un « environnement favorable » pour la nutrition. Les capacités systémiques sont les mêmes pour les trois éléments du cycle opérationnel de la PNIN.

    Dans la plupart des pays PNIN, une cartographie a déjà été finalisée afin d’évaluer les structures et le système nationaux en matière de nutrition. Cela a été réalisé soit par l’équipe-pays PNIN, soit par des entités telles que les réseaux du Mouvement SUN. Cette cartographie peut être utilisée pour identifier où le système fonctionne de manière sous-optimale et doit être renforcé. Bien que l’objectif principal de la PNIN ne soit pas de renforcer les capacités systémiques en matière de nutrition d’un pays, une PNIN peut aider d’autres agences qui le font.

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    Exemples de capacités requises au niveau systémique
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  • ÉTAPE 3 : Stratégie et plan d’action pour le développement des capacités de la PNIN (3/4)

    5. Capitaliser sur les opportunités existantes

    Les exemples d’opportunités de développement des capacités pour la PNIN qui sont déjà en place incluent :

    • l’apprentissage entre pairs grâce aux ateliers et webinaires PNIN régionaux et internationaux organisés par l’unité d’appui ;
    • cet ensemble de notes d’orientation sur les différentes phases du processus PNIN ;
    • le mentorat et le soutien pratique dans les pays PNIN par le biais de l’assistance technique PNIN ;
    • la médiation des connaissances, qui fait référence au rôle des intermédiaires ou des médiateurs qui rendent la recherche et la pratique plus accessibles aux autres (voir encadré ci-dessous).

    Les études de cas des pays PNIN (cette section/n°15) constituent une riche source d’inspiration et d’expérience pratique.

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    Médiation des connaissances
    La médiation des connaissances garantit que les connaissances généralement disponibles pour les chercheurs ou les experts mondiaux sont partagées avec les décideurs, les planificateurs et les responsables de la mise en œuvre à travers différents types d’organisations locales. Ceci est important dans le contexte de la PNIN car les universitaires ont accès à des ressources et à des compétences globales (telles que la capacité d’analyser des données complexes ou des questions de politique, de procéder à des revues de la littérature, de se connecter à des bases de données et des connaissances mondiales) qui peuvent soutenir et renforcer les processus et les décisions dans le système national de coordination multisectorielle de la nutrition. Les exemples de « médiation » des connaissances incluent :

    Les séminaires
    En Éthiopie, l’IFPRI / la PNIN organisent des séminaires mensuels sur la politique de nutrition et la recherche qui soutiennent le renforcement informel des capacités en réunissant des chercheurs et des décideurs afin de :

    • diffuser les résultats de recherche existants dans le but de promouvoir les connaissances en matière de nutrition auprès des décideurs ;
    • promouvoir les interactions entre les décideurs et les chercheurs.
      Ces séminaires ont porté sur des thèmes tels que les systèmes et régimes alimentaires en Éthiopie et l’agriculture sensible à la nutrition.

    Newsletters et sites Web
    La diffusion des résultats de recherche en matière de nutrition à un public plus large peut se faire via des newsletters, des mises à jour par courrier électronique et des sites Web.
    La Délégation de l’Union européenne en Éthiopie distribue par courrier électronique une newsletter hebdomadaire contenant des articles pertinents sur la nutrition. La newsletter est distribuée à plus de 100 personnes impliquées dans la nutrition en Éthiopie afin d’élargir la base de connaissances en matière de nutrition.
    Une approche similaire a été adoptée par l’initiative POSHAN (Partenariats et opportunités visant à renforcer et harmoniser les actions en faveur de la nutrition en Inde) dirigée par l’IFPRI. Les notes de recherche, qui présentent un résumé concis des études de recherche menées par POSHAN et ses partenaires, sont disponibles sur son site Web et permettent d’étendre à un public plus large l’accès aux données de base.

  • ÉTAPE 3 : Stratégie et plan d’action pour le développement des capacités de la PNIN (4/4)

    6. Définir un cadre de suivi et d’évaluation

    Il est important d’établir un cadre de suivi et d’évaluation dans la stratégie de développement des capacités afin que les progrès puissent être entièrement suivis. Un exemple basé sur le Guide d’évaluation de la nutrition 2016 du Mouvement SUN est présenté ci-dessous.

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    Cadre logique de suivi et d’évaluation proposé pour le développement des capacités
    L’objectif du renforcement des capacités est la question ou le problème central qui doit être traité à plus long terme et devrait être présenté comme un processus d’apprentissage ou un processus de transformation, et associer des capacités techniques et fonctionnelles.

    Les objectifs spécifiques sont les changements à apporter par le biais d’un programme de renforcement des capacités à moyen terme. Ce sont les changements qui se mesurent au niveau des résultats.

    Les résultats décrivent un changement spécifique pour les individus et les organisations et sont liés aux réalisations. Les résultats doivent être considérés non seulement en termes de nouveaux produits et services, mais également en termes de processus facilités (tels que, par exemple, des processus participatifs initiés, activés et/ou élargis, et une collaboration accrue entre différentes organisations).

    Le fait d’axer les réalisations sur le renforcement des capacités crée les bases de la durabilité des résultats escomptés. Lors de la formulation de réalisations, les questions suivantes peuvent amener à des orientations : À qui appartiennent les capacités qui sont renforcées ? Quelle(s) sorte(s) de capacités sont renforcée(s) ? Dans quelle mesure les activités garantissent-elles le renforcement des capacités ?

    Les activités sont les modalités des interventions, par exemple la formation et l’assistance technique.

    Les indicateurs sont des cibles qui montrent les progrès réalisés. Lors de la définition d’indicateurs pour le renforcement des capacités, une distinction doit être faite entre :

    • les indicateurs de processus : mesure des processus qui ont été facilités afin que des changements dynamiques soient encouragés par la mise en œuvre d’approches participatives (par exemple, un processus par le biais duquel les parties prenantes ont été impliquées dans une PNIN).
    • et les indicateurs de produit : mesure des résultats concrets qui ont été obtenus (par exemple, la formulation d’une question de politique à laquelle il est possible d’apporter des éléments de réponse).
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7. Actions de développement des capacités de coût

Le chiffrage du plan d’action est une étape importante car il mettra en évidence les actions les plus rentables. Par exemple, il peut s’avérer beaucoup plus rentable de fournir une assistance technique permanente et un mentorat à une équipe PNIN de 5 personnes, ou une session de formation dans le pays sur les outils statistiques pour la composante d’analyse de données PNIN et pour les analystes de données de l’organisation hôte, que de financer un individu pour qu’il termine ses études.

  • Etudes de cas

    A venir