Introduction à l’approche PNIN

L’introduction présente la structure et les étapes du cycle opérationnel de l’approche PNIN, ainsi que les principes fondamentaux et le champ d’application d’une PNIN.
Elle décrit également le processus de dialogue fondé sur les données instauré entre les décideurs politiques et les analystes, qui occupe une place centrale dans l’approche PNIN.

  • L’approche PNIN

    À l’échelle nationale, la PNIN est ancrée dans les institutions et les systèmes existants de coordination multisectorielle de la nutrition. L’analyse des données disponibles permet de générer des informations factuelles, à partir desquelles les parties prenantes (infra)nationales peuvent orienter les politiques, les programmes et les investissements pour la nutrition.

    Cette démarche s’inscrit dans le cycle opérationnel de la PNIN, constitué de trois éléments :

    • Formulation de questions suivant les priorités nationales.
    • Analyse de données afin de répondre aux questions posées.
    • Communication des résultats au gouvernement.

    Ce cycle opérationnel s’appuie sur une structure comprenant deux piliers :

    • Une composante axée sur les politiques, dont les acteurs assurent l’organisation et la coordination du comité consultatif multisectoriel. Ces acteurs jouent un rôle essentiel dans la formulation des questions relatives aux politiques, l’interprétation des résultats d’analyse des données, et la communication des conclusions.
    • Une composante axée sur les données, dont les acteurs regroupent et centralisent les données multisectorielles dans une base de données et procèdent à leur analyse.

    Ces deux composantes sont placées sous la responsabilité d’organisations nationales. L’équipe nationale de la PNIN est composée de membres du personnel des organisations partenaires nationales, d’agents contractuels et de conseillers techniques. Elle assure la mise en œuvre de l’approche PNIN au sein des deux composantes précitées.

    Le comité consultatif multisectoriel de la PNIN accompagne l’équipe opérationnelle, approuve ses travaux et veille au maintien de la communication entre la PNIN et les dispositifs multisectoriels nationaux relatifs à la nutrition.
    L’approche PNIN est illustrée par le schéma ci-dessous :

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    L’approche PNIN
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  • Principes fondamentaux d’une PNIN

    Les principes fondamentaux de la PNIN s’appliquent aux quatre composantes de l’approche :

    • L’appropriation de la PNIN par le pays permet de renforcer la capacité systémique, organisationnelle et individuelle. Elle est ancrée dans les institutions nationales et dans le système de coordination multisectorielle de la nutrition existants.
    • La PNIN est portée par le pays. Elle dépend des priorités nationales, ainsi que des politiques et des programmes spécifiques et sensibles à la nutrition mis en place sur le territoire.
    • Les analyses réalisées aux niveaux national et infranational s’appuient sur les données multisectorielles existantes. Cela permet d’améliorer l’accessibilité des données provenant de différentes sources pertinentes du point de vue de la nutrition, et de valoriser les données peu exploitées. La PNIN n’a pas vocation à collecter de nouvelles données.
    • La PNIN communique des messages clairs et utiles aux décideurs, en cohérence avec les cycles de révision et mise en œuvre des politiques. Elle suit la chaîne de résultats illustrée par le schéma ci-dessous. Les ressources (financières, humaines) conduisent à des réalisations (couverture des interventions) et se traduisent par une évolution des résultats (causes sous-jacentes de la malnutrition), lesquels influent à leur tour sur les indicateurs de l’état nutritionnel, comme le retard de croissance.
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    La chaîne de résultats relative à la nutrition : une approche narrative
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  • Le processus de dialogue au sein d’une PNIN

    Le dialogue est au cœur de l’approche NIPN. La réussite de la plateforme suppose une interaction dynamique entre des secteurs, ministères ou institutions généralement cloisonnés. L’approche PNIN permet à ces derniers de communiquer et d’examiner ensemble les données et les statistiques, afin d’en tenir compte dans les décisions ayant trait à la nutrition.

    Le dialogue instauré entre les acteurs politiques, qui votent les politiques et les budgets relatifs à la nutrition au plus haut niveau, et les analystes, qui s’occupent de gérer et d’analyser les données, forme le volet central du cycle opérationnel de la PNIN « Question-Analyse-Communication » décrit plus haut.

    Le dialogue instauré entre l’équipe opérationnelle PNIN et les acteurs du système national de coordination multisectorielle de la nutrition, essentiellement mené par l’entremise du comité consultatif multisectoriel, permet de s’assurer que la demande en matière de politique est formulée de manière pertinente, et que les conclusions des analyses de données sont communiquées de façon opportune, dans un format clair et utile à la décision.

    Le processus de dialogue est continu et dynamique. Par conséquent, les sous-étapes du cycle opérationnel de la PNIN ne suivent pas nécessairement une séquence prescrite.

  • Etapes du cycle opérationnel de la PNIN

    Le cycle opérationnel de la PNIN peut être décomposé en sous-étapes, afin de faciliter la mise en œuvre de l’approche proposée.

    Afin de garantir la formulation de questions pertinentes, les acteurs de la composante axée sur les politiques peuvent procéder aux étapes suivantes, en concertation avec les parties prenantes des divers secteurs :

    1. Déterminer la demande générale en politiques nutritionnelles et dresser une première liste de questions (partie 2.1)
    2. Formuler des questions pertinentes relatives aux politiques (partie 2.2)
    3. Préciser les questions, afin de pouvoir y répondre en se servant des données et de la capacité disponibles (partie 2.3)
    4. Finaliser et valider les questions (partie 2.4)

    Afin de faciliter l’analyse des données, les acteurs de la composante axée sur les données peuvent suivre les étapes suivantes, en étroite collaboration avec les décideurs politiques et les spécialistes des différents secteurs :

    • Recenser les données et les sources de données disponibles sur la nutrition (partie 3.1)
    • Créer un tableau de bord infranational sur la nutrition, afin d’instaurer rapidement un dialogue politique (partie 3.2)
    • Évaluer la qualité des données et décider si celles-ci sont suffisamment fiables pour être utilisées dans l’analyse, en vue de répondre à une question particulière (partie 3.3)
    • Analyser les données en recourant à des méthodologies adaptées, et interpréter les données et les informations disponibles (partie 3.4)

    Enfin, une fois que les résultats des analyses de données sont connus, les acteurs des deux composantes peuvent, en étroite collaboration avec les parties prenantes nationales, prendre en considération les points ci-dessous pour communiquer les conclusions aux décideurs politiques (partie 4.1) :

    • Définir des messages simples, clairs et applicables en s’appuyant sur les conclusions.
    • Développer les faits à partir des résultats des analyses.
    • Diffuser ces messages en temps voulu, en recourant à des modes de communication adaptés, afin d’influencer les décideurs politiques.

    Les acteurs des deux composantes pourront puiser dans cette liste de notes d’orientation pour accompagner la mise en œuvre de leur PNIN, comme illsutré dans le schéma ci-dessous.

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    Étapes du cycle opérationnel de la PNIN et notes d’orientation associées
  • Champ d’application d’une PNIN

    La spécificité de la PNIN tient à la conjonction et à la valorisation de multiples sources de données, mises en commun par les divers secteurs exerçant une influence sur la nutrition : santé, agriculture, eau, assainissement et hygiène, protection sociale et éducation, entre autres secteurs.

    L’objectif des analyses réalisées dans le cadre de la PNIN est de faire un meilleur usage des données utiles sous-exploitées à l’échelle nationale et infranationale : progrès et disparités régionales au niveau des causes sous-jacentes et de la malnutrition et de l’état nutritionnel ; au niveau de la couverture des interventions et des programmes spécifiques et sensibles à la nutrition ; et au niveau des investissements réalisés en faveur de ces programmes. Ces analyses sont indispensables à la prise de décisions en matière de politiques et à la hiérarchisation des priorités d’investissement.

    Bien que portée par la demande nationale, la PNIN n’est pas en mesure de répondre à toute question relative aux politiques nutritionnelles. Les questions générales doivent être fractionnées en questions spécifiques auxquelles la PNIN sera en mesure d’apporter des réponses, en tenant compte des données disponibles et de leur qualité.

    Certaines questions nécessitent des données complémentaires ou des analyses plus sophistiquées (analyse causale, évaluation d’impact ou analyse coût-efficacité). Le cas échéant, il convient d’effectuer une revue de la littérature scientifique à la recherche de tendances générales, ou bien de faire appel à une étude spécifique avec collecte de nouvelles données, mais ce dernier cas n’entre pas dans le champ de la PNIN.